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Ouvriers, techniciens, installateurs ou livreurs, tous ces professionnels en première ligne peuvent aujourd’hui travailler plus efficacement grâce au numérique. Mais encore faut-il leur fournir une solution adaptée à leur métier et à leurs besoins. Et si on commençait par leur poser la question ?

[Tribune d’Éric Gueneau, Directeur architecture et applications chez Bouygues Telecom Business]

Pourquoi connecter les équipes terrain ?

Déployer des tablettes sur un chantier peut sembler surprenant au premier abord. Ce n’est pourtant pas l’avis de l’entreprise Colas. Il y a quelques années, l’acteur majeur des travaux publics a fait ce choix en équipant ses chefs de chantier d’iPad. Résultat : des bénéfices tangibles sur un plan business, humain et environnemental.

Un chef de chantier connecté peut réagir immédiatement à un imprévu : transmettre une information à son équipe en temps réel, déclencher les bonnes actions, ajuster un budget, réadapter le calendrier du chantier… Et tout ça sans devoir retourner au bureau. Moins de déplacements signifie moins de pertes de temps, donc plus d’efficacité et de rentabilité.

Et cette logique ne s’applique pas qu’aux chantiers. Tous ceux qu’on appelle les « Frontline Workers », ou travailleurs de première ligne, sont concernés. Les techniciens intervenant chez des clients, les opérateurs sur des lignes de production, les agents de sécurité sur des sites sensibles… Tous gagnent aujourd’hui à pouvoir consulter et partager l’information instantanément pour améliorer leur mission et les résultats de l’entreprise.

Le prérequis : comprendre la réalité du métier

Pendant longtemps, les équipes terrain ont été écartés des projets de modernisation de leurs environnements de travail, faute d’outils adaptés à leurs conditions de travail ou d’un manque de connectivité sur les sites. Mais cela appartient désormais au passé. Tablettes et smartphones durcis, réseaux 5G privée, faisceaux hertziens, internet par satellite permettent aujourd’hui de travailler efficacement hors du bureau, y compris de manière temporaire.

La question n’est donc plus « est-ce possible ? » – bien que des choix technologiques restent à faire – mais plutôt « pour quels usages ? ». Pour y répondre, la première chose à faire est de mettre de côté ses a priori, d’écouter les équipes, de comprendre leurs contraintes et besoins réels. Car une solution imposée sans concertation est vouée à l’échec.

Ouvrier regardant ses données sur son téléphone.

Test, automatisation, mesure : l’agilité au service du terrain

Écouter le terrain ne suffit pas. Il faut être suffisamment agile pour intégrer les retours du terrain.

Trois fondamentaux permettent cette agilité :

  1. Tester tôt: cette approche permet de valider rapidement la pertinence d’une idée par rapport à son besoin initial. Commencez avec des composants simples pour mesurer les gains potentiels avant d’investir massivement.
  2. Automatiser: l’automatisation permet de réduire considérablement le temps de développement et d’accélérer la mise à disposition de nouvelles fonctionnalités.
  3. Mesurer: il faut vite quantifier les bénéfices pour décider rapidement si l’on poursuit ou si l’on change de cap.

30 minutes gagnées chaque jour : le cas Colas

Avec QuickConnect, la solution de digitalisation des processus de Bouygues Telecom Business Solution, les chefs de chantier de Colas économisent 30 minutes par jour. Sur une année, cela représente deux à trois semaines de travail par personne. Si on multiplie ça par les 4 500 chefs de chantier de l’entreprise, le gain de productivité est colossal.

Un autre avantage majeur de cette solution concerne l’environnement. La dématérialisation des processus permet d’éviter l’impression de près de 30 000 pages chaque année. Elle limite également les déplacements en voiture grâce aux interventions effectuées directement sur site, ce qui contribue à réduire les émissions de carbone.

Connecter le terrain… et l’augmenter avec l’IA !

La connectivité offerte aux équipes terrain ouvre également la voie à des usages innovants de l’intelligence artificielle. Les données collectées sur le terrain par les collaborateurs connectés peuvent être exploitées pour générer de la valeur.

Deux exemples pour illustrer cela :

  • Les ouvriers photographient régulièrement les chantiers pour suivre l’avancement des travaux ou signaler un incident. Toutefois, la présence de visages ou de plaques d’immatriculation sur ces clichés nécessite de les traiter comme des données personnelles selon les règles du RGPD. Grâce à l’IA, il est désormais possible de flouter automatiquement ces éléments sensibles, garantissant ainsi l’exploitation des images en toute conformité.
  • L’IA offre également la capacité d’analyser et de comprendre des documentations techniques. Un technicien peut alors interroger un assistant virtuel sur une intervention spécifique. L’application devient ainsi un véritable compagnon du technicien augmenté, lui permettant de réduire le temps consacré à la recherche d’informations et de se concentrer davantage sur la réalisation de l’opération.

Les cas d’usage avec l’intelligence artificielle sont infinis. Mais, là encore, pour les identifier, les prioriser et les déployer efficacement, une seule méthode fonctionne : écouter le terrain. Alors tendez l’oreille et transformez l’écoute en action.

Éric Gueneau
Éric Gueneau
Directeur architecture et applications chez Bouygues Telecom Business